40. MOLIERE. L'Escole des maris, comédie. Paris, Gabriel Quinet, 1663 . In-12 de 1 f. bl., (4) ff., 65, (3) pp. (2) ff., veau moucheté, dos à nerfs orné et doré, coupes ornées et dorées (reliure ancienne) .
1 300 €
"Cette édition qu'on peut considérer comme la deuxième édition originale reproduit l'édition originale de 1661" (Guibert, Bibliographie des oeuvres de Molière publiées au xvii e siècle , I, 65).
Joli frontispice représentant Molière en Sganarelle et restituant les costumes de la pièce.
Cette comédie fut représentée pour la première fois le 24 juin 1661 au théâtre du Palais-Royal. Son succès fut éclatant. Fouquet demanda à Molière de venir jouer la pièce à Vaux-le-Vicomte. Louis XIV, ne voulant pas être en reste, se fit représenter la pièce à Fontainebleau le 13 juillet. Le lendemain, ce fut au tour du marquis de Richelieu de recevoir la troupe.
Bel exemplaire.
41. LA FONTAINE, Jean de. Fables choisies, mises en vers. Paris, Denis Thierry, 1668 . In-4 de (28) ff., 284 pp. (1) f. pour l' Épilogue et le Privilège , maroquin bleu nuit à grain long. Sur les plats succession d'encadrements de filets, roulettes dorées et à froid, dos à cinq nerfs doubles, mosaïqués de maroquin rouge souligné d'entrelacs dorés ; aux entre-nerfs, ombilic central entouré de feuilles, de branches de feuilles de vignes, de paire de volutes, posées sur un fond à mille points, doublures et gardes de soie rose ; filet ondé sur les coupes, bordures ornées d'une roulette aux pointes répétées, tranches dorées (Hervé Dambroise). Vendu
Édition originale des Fables de La Fontaine.
Elle est illustrée de 118 figures en taille-douce, en premier tirage, signées de François Chauveau.
Exemplaire de première émission avec les corrections manuscrites de l'éditeur aux pages 57 et 176. Le feuillet oij ( Vie d'Esope ) est cartonné, comme dans l'exemplaire Rochebilière.
Le 31 mars 1668, Jean de La Fontaine voit sortir des presses son premier recueil de Fables choisies pour lequel son libraire Claude Barbin, éditeur satisfait des Contes , a pris un privilège le 6 juin 1667, partagé avec Denis Thierry. Il s'agit d'un luxueux volume soigneusement imprimé. Pour donner à son ouvrage le plus d'éclat possible, La Fontaine l'a dédié au Dauphin dont les armes gravées figurent sur la page de titre. Le succès, mérité, fut immédiat, comme l'attestent une réédition ainsi qu'une contrefaçon parues la même année et toutes deux au format in-12.
Bel exemplaire, parfaitement établi par Hervé Dambroise dans le goût des décors de Bozerian.
42. DESCARTES, René. Discours de la méthode. Paris, Angot, 1668 . In-4 de 303, (23), 1-127 pp., veau granité, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, coupes décorées, tranches mouchetées (reliure de l'époque). 5 000 €
Troisième édition du Discours de la Méthode , édition originale pour la Méchanique et édition originale française pour la Musique .
Le Discours de la Méthode est illustré de nombreuses figures dans le texte, la Méchanique comporte 33 bois, la Musique , quant à elle, est ornée de portées musicales et de divers dessins gravés sur bois.
Bel exemplaire en reliure d'époque. Petits trous de vers en marge de quelques feuillets.
Guibert,
Bibliographie des oeuvres de Descartes publiées au xvii e siècle , pp. 18-19. -
Printing and the Mind of Man , 129 (pour l'édition originale) : "It is no exaggeration to say that Descartes was the first of modern philosophers and one of the first of modern scientists".
43. RABELAIS, François. Ouvres. Sans lieu, [Rouen ?], 1669 . 2 volumes grand in-12 de (12) ff., 488 pp., (5) ff. de table - 459, (9) pp. de table et de clef, maroquin rouge, filet doré sur les plats, dos à nerfs ornés de caissons de fleurons dorés, coupes et bordures décorées, tranches dorées sur marbrure (reliures de l'époque). 6 000 €
En dépit de la date de 1669 figurant sur le titre, cette édition est postérieure : c'est en effet une contrefaçon de l'édition elzévirienne de 1675.
Plan la donne pour rouennaise et ajoute qu'elle est " fort élégante autant du point de vue de la typographie qu'à celui de la qualité du papier" . Elle sera d'ailleurs elle-même contrefaite plusieurs fois.
Très bel exemplaire en maroquin de l'époque dans le style de Boyet.
Tchemerzine , Éditions originales et rares xv e- xviii e siècles, V, 318. - Plan, Bib. rabelaisienne , n° 130.
44. PASCAL, Blaise. Pensées sur la religion . Paris, Guillaume Desprez, 1670 . In-12 de (41) ff., 365 pp., (10) ff. de table, veau havane, dos à nerfs orné et doré, coupes décorées, tranches mouchetées (reliure de l'époque). 14 500 €
Édition originale.
Après le Traité du triangle arithmétique et les Traités de l'équilibre des liqueurs , les Pensées font partie de l'entreprise éditoriale posthume des oeuvres de Pascal orchestrée par les soins de sa famille.
Cette édition fut préparée à partir des papiers originaux de Pascal et de copies prises par sa sour Gilberte. Son vif succès produisit de nombreuses contrefaçons.
Bel exemplaire, en reliure d'époque, fort grand de marges (157 mm).
De la bibliothèque du professeur Alajouanine (cat. 1981, II, n° 117).
Tchemerzine , Éditions originales et rares xv e- xviii e siècles, V, 72. - Maire, Bibliographie des oeuvres de Blaise Pascal , IV, n° 3. - BnF, En français dans le texte , n° 96. - Printing and the Mind of Man , n° 152.
45. NICOLE, Pierre & PASCAL, Blaise. De l'éducation d'un Prince.
Suivi de : Discours de feu M. Paschal sur la condition des grands. Paris, Veuve Ch. Savreux, 1670 . In-12 de (12) ff.(le premier blanc), 426 pp., (2) ff. de table, (1) f. bl., veau havane, dos à nerfs orné et doré, tranches mouchetées (reliure de l'époque). 1 600 €
Première édition de cet ouvrage de Pierre Nicole avec lequel sont publiés, également en édition originale , les trois Discours de Pascal sur la Condition des Grands.
Le Traité de l'éducation d'un Prince est un chef-d'oeuvre de Pierre Nicole bien que relativement peu connu. Suite de réflexions qui n'ont pas moins leur application dans l'éducation commune que dans celle d'un roi, ce traité peut être placé au premier plan de la pédagogie française.
Les trois Discours de Pascal furent prononcés aux alentours de 1660 et étaient destinés à un enfant noble élevé à Port-Royal (probablement le fils aîné du duc de Luynes). Il s'y propose de l'élever conformément au rôle auquel Dieu le destine mais en le mettant en garde contre les défauts propres à sa condition.
Le catalogue Hanotaux (1927, n° 206) consacre deux pages à " l'importance extraordinaire de cet ouvrage" en le replaçant dans sa perspective historique : en 1669, il s'agissait de donner un gouverneur au Dauphin et le parti janséniste espérait voir cette place donnée à Arnauld, ou peut-être à Nicole.
Ils durent se contenter de Montausier qui, tout de même, était un peu des leurs. En revanche, c'est le jésuite Pierre-Daniel Huet, évêque d'Avranches qui fut nommé sous-précepteur à ses côtés en 1670.
Bel exemplaire en reliure du temps.
Tchemerzine , Éditions originales et rares xv e- xviii e siècles, V, 75.
L'une des plus belles réussites entreprises à la gloire du Grand Roi (Marianne Grivel).
46. FELIBIEN, André & PERRAULT, Charles. [Cabinet du Roi] :
Statuës et bustes antiques des Maisons royales. Première partie. 1679.
suivi de : Tableaux du Cabinet du Roy. Première partie. 1679.
suivi de : Description de la Grotte de Versailles. 1679.
suivi de : Courses de Testes et de Bague. 1670. In-folio de (1) f., 6 pp., 18 pl. - (1) f., 14 pp., 24 pl. - (1) f., 11, (1) pp., 20 pl. - 4 ff., 1-8, 17-67, 65-104 pp., veau havane granité, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, coupes décorées, tranches mouchetées (reliure à l'imitation de l'époque) . 20 000 €
Prestigieux recueil de quatre séries originales gravées du Cabinet du Roi.
A partir de 1667, dans un double objectif de mécénat et de propagande, Colbert encourage la reproduction gravée des Maisons royales, des collections de Louis XIV ainsi que des événements importants de son règne. En 1670, la publication des planches est organisée en recueils, aux formats harmonisés, et présentés par des textes explicatifs. Ces volumes sont généreusement offerts aux cours étrangères, et emportés même jusqu'en Perse et en Chine par les missionnaires jésuites.
"Le Cabinet du Roi joue donc un rôle fondamental de propagande et d'émulation pour les graveurs et il est certain que les gravures qui le constituent sont parmi les plus belles du xvii e siècle " (Marianne Grivel, "Le Cabinet du Roi", Revue de la Bibliothèque Nationale , n° 18, 1985).
I : Statuës et bustes antiques des Maisons royales . Édition originale.
Dès 1669 Claude Mellan travaillait aux planches de ce volume publié dix ans plus tard, destiné à illustrer les bustes et statues conservés aux Tuileries. Parmi les 18 planches gravées, commentées par André Félibien (1619-1695) historiographe et secrétaire de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, on remarque notamment la Diane chasseresse , une Vénus pudique , ou l' Agrippine provenant des collections de Mazarin. Chaque planche fut payée 500 livres à Mellan.
II : Tableaux du Cabinet du Roy. Deuxième édition en partie originale.
Ce volume, l'un des plus précieux de la collection selon Brunet, parut d'abord en 1677 et ne contenait alors que 22 planches. Dans cette nouvelle version, publiée 2 ans plus tard, il est augmenté de 2 planches et rangé dans un nouvel ordre. Il comprend donc 24 gravures, dont 6 doubles, exécutées entre autres par Etienne Picart, Gilles Rousselet, Gilles Chasteau et Gérard Edelinck.
On peut ainsi admirer La Sainte Famille de Raphaël, Les Allégories des vices et des vertus du Corrège, la Mise au tombeau et les Pèlerins d'Emmaüs de Titien, la Lapidation de saint Etienne et l' Assomption d'Annibal Carrache, les 4 tableaux de Guido Reni consacrés aux Exploits d'Hercule , la Sainte Cécile du Dominiquin, Les quatre Évangélistes de Valentin de Boulogne, Saint Antoine de Padoue adorant l'Enfant Jésus de Van Dyck, Le Ravissement de Saint Paul, Moïse sauvé des eaux et Les Aveugles de Jéricho de Poussin.
Rousselet fut payé 200 livres pour les Évangélistes et Edelinck en reçut 1200 pour la Sainte Famille .
Ces chefs-d'oeuvre, aujourd'hui pour la plupart au Louvre, témoignaient des enrichissements récents réalisés pour la galerie royale : d'une part les tableaux de la collection du banquier Jabach en 1662 et 1671, qui avaient pour la plupart appartenu à Charles Ier d'Angleterre et avant lui aux Gonzagues de Mantoue ; et d'autre part les Poussin du duc de Richelieu. En 1665, ce dernier perdit au jeu de paume face à Louis XIV 25 tableaux dont 13 de Poussin. Le roi le dédommagea en lui faisant verser 50.000 livres.
III : Description de la Grotte de Versailles. Édition originale.
20 planches, dont 3 doubles, gravée par Le Pautre, Edelinck, François Chauveau et Etienne Picart.
La Grotte de Thétis fut construite au flanc nord du château de Versailles entre 1664 et 1665. Elle était située à l'emplacement de l'actuel vestibule de la chapelle. Il s'agissait d'un petit "casin" presque cubique, figurant le palais merveilleux où Thétis accueille le soleil après sa course. Cette Grotte constituait le chef-d'oeuvre baroque des rocailleurs et hydrauliciens versaillais. Ses murs étaient tapissés de coquillages, de galets et de pierres polychromes formant des masques. Le fontainier Francine avait conçu un orgue hydraulique et des jeux d'eau semblables à ce qui se faisait en Italie.
Dans les trois niches du fond étaient placés de célèbres groupes de marbre : Apollon servi par les nymphes et les Chevaux du Soleil par Girardon, Regnaudin, Gilles Guérin, et les frères Marsy. Mises en place en 1676, ces sculptures furent déplacées en 1684 puis à nouveau à la fin du xviii e siècle et installées dans le bosquet des Bains d'Apollon où l'on peut encore aujourd'hui les admirer.
Cette réalisation spectaculaire, célébrée par La Fontaine en tête des Amours de Psyché et de Cupidon , témoin du premier Versailles et de ses fêtes somptueuses, n'eut qu'une existence éphémère. En 1684, la construction de l'aile nord du château entraîna la disparition de la Grotte (Verlet, Le Château de Versailles ., p. 66-69).
IV : Courses de Testes et de Bague. Édition originale.
Ce spectaculaire livre décrit une des plus somptueuses fêtes données le 5 juin 1662 par Louis XIV. Pour ce Carrousel, le roi choisit lui-même "les nations les plus célèbres pour en former cinq quadrilles, composées, chacune d'un chef et de dix chevaliers avec leurs officiers et leurs équipages". Il s'agissait des Romains dont le roi était le chef, des Persans, des Turcs, des Indiens, et des Sauvages de l'Amérique. L'espace entre les Tuileries et le Louvre - la place du Carrousel -, avait été aménagée en un camp formé par des gradins pouvant accueillir 15.000 personnes.
Splendide illustration : elle comprend un titre-frontispice gravé par Gilles Rousselet, et 95 figures sur 46 planches par Israël Silvestre et François Chauveau, dont :
- 8 gravures en bandeaux, disposés l'une au-dessus de l'autre sur 4 doubles planches, représentant le défilé des participants, depuis l'Hôtel de Vendôme jusqu'à l'amphithéâtre des Tuileries.
- 2 vues générales des festivités sur de très larges planches dépliantes (54 x 78 cm). La 3e planche consacrée à la Course de bague fait ici défaut.
- 30 gravures à pleine page représentant les protagonistes du Carrousel : maréchaux de camp, cavaliers, timbaliers et trompettes, estafiers, palfreniers, pages, et écuyers. Sous chaque figure est placée une description des costumes. On remarquera la grande planche double montrant le roi en empereur romain et parmi les plus spectaculaires, les estampes du quadrille des "Amériquains", dont celle des "Mores portans des singes, et menans des ours".
- 55 cartouches de devises - 11 pour chaque quadrille - gravés sur 10 planches.
Le texte explicatif en français, signé par Charles Perrault (1628-1703), membre de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions, est suivi de sa traduction latine par Esprit Fléchier.
47. BOSSUET, Jacques-Bénigne. Exposition de la doctrine de l'Église catholique sur les matières de controverse. Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1671 . In-12 de (4) ff., 189 pp., veau granité, filets à froid en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné et doré, coupes ornées et dorées, tranches mouchetées (reliure de l'époque) . 750 €
Édition originale avant corrections dite du Centurion .
Il s'agit de la première édition mise sur le marché, qui fut précédée d'un essai d'édition en 174 pages que Bossuet fit tirer à quinze exemplaires et circuler sous forme d'épreuves destinées à recevoir les observations et corrections de ses amis. Connu sous le nom d' Edition des Amis , ce premier jeu d'épreuves ne subsiste aujourd'hui qu'à un seul exemplaire, conservé à la bibliothèque d'Amiens.
Exemplaire de premier tirage, non cartonné.
La phrase " que la vie soit conservée au fils du centurion " n'a pas été corrigée, c'est pourquoi cette édition est dite du Centurion . Par ailleurs, l'exemplaire est conforme à toutes les autres remarques de premier tirage données par Tchemerzine (I, 839).
Bel exemplaire en reliure de l'époque.
48. DUFOUR de la CRESPELIERE. Commentaire en vers françois sur l'École de Salerne, contenant les moyens de se passer de médecin, & de vivre longtemps en santé, avec une infinité de remèdes contre toutes sortes de maladies , & un traitté des humeurs, & de la saignée, où sont adjoutez : la sanguification, circulation et transfusion du sang, la poudre & l'onguent de sympathie, le thé, le caphé, le chocolate, et le grand secret de la pierre philosophale, ou la véritable manière de faire de l'or, aussi en vers françois, et l'ouromantie, scatomantie, et hydromantie en prose. Paris, Gilles Alliot, 1671 . In-12 de (30) ff., 714 pp., vélin ivoire, dos lisse, tranches mouchetées (reliure de l'époque). 1 600 €
Édition originale ornée d'un joli titre-frontispice gravé sur cuivre représentant l'allégorie du Temps entouré de la Santé et de la Tempérance.
"Si la poésie de monsieur Dufour de la Crespelière ne peut se comparer avec les beautés d'un Racan ou d'un Théophile, son volume est néanmoins un des plus plaisants que l'on puisse ranger dans une bibliothèque gastronomique. En effet, ses développements se rapportent davantage à l'art culinaire qu'à la médecine et font de ce recueil un véritable livre de recettes en vers. Tout cela est rangé dans un ordre irréprochable : le vin, sa saveur, son éclat, sa beauté, sa fraîcheur et ses vapeurs, recettes de vin parfumés, la bière, le vinaigre, le gibier, les viandes blanches, long chapitre sur le pain et la boulangerie, les abats, les volailles, les poissons, les saveurs des condiments et des sauces, les oufs, le lait, le fromage, les légumes et les fruits, les épices, etc. A la fin du recueil, parmi diverses recettes alchimiques, on est surpris de trouver plusieurs longs poèmes didactiques sur l'usage du café, du thé et du chocolat, avec des recettes de préparation" (Oberlé, Bacchus et Comus , n°326).
Bel exemplaire.
Ex-libris : Admiral Duff 1858.
Vicaire, Bibliographie gastronomique , 195. - Bibliotheca Esoterica , 1359.
Le premier de nos "gastronomades"
49. ASSOUCY, Charles Coypeau d'. Les Aventures de Monsieur d'Assoucy. Paris, Audinet, 1677 . 2 tomes en un volume in-12 de (14) ff., 321 pp., (2) pp. - (3) ff., 336 pp., veau blond, filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné d'un décor doré à la grotesque, pièces de maroquin vert et rouge, coupes et bordures décorées, tranches dorées (Niédrée). 2 500 €
Deuxième édition parue la même année que l'originale. Elle est ornée d'un portrait gravé de l'auteur.
Les historiens de la littérature rangent d'Assoucy à côté de Cyrano et parmi les extravagants. Ils rappellent aussi qu'il fréquenta Tristan, Scarron, Rotrou et Molière (sur lequel les Aventures fournissent quelques traits essentiels). C'est une figure très attachante, mi-picaresque, mi-hippie avant l'heure, nomade et un peu pique-assiette. Il parcourut la France avec sa guitare et deux pages qui, selon les uns, étaient des jeunes filles et, selon les autres, de jeunes garçons. A cause d'eux, il se retrouva souvent en prison. Molière et Armande Béjart, qui étaient ses amis, intervinrent en sa faveur.
Il possède un talent rare et fin dont la modernité éclate dans ses Aventures , son chef-d'oeuvre, reportage ironique en prose et en vers d'un voyage de Paris à Marseille. La musique, les livres - il ne se déplace jamais sans son coffre à livres -, les auberges et la table y tiennent une place importante. Robert Courtine le tenait pour "le premier de nos gastronomades".
Très bel exemplaire parfaitement établi.
Tchemerzine , Éditions originales et rares xv e- xviii e siècles, I, 150-151. - Lachèvre , Bibliographie des recueils collectifs de poésie publiés de 1597 à 1700, II, 238.