FOURNIER le Jeune. Manuel typographique. 1764-1766.

Le plus célèbre manuel typographique ancien

 

FOURNIER le Jeune. Manuel typographique, utile aux gens de lettres, & à ceux qui exercent les différentes parties de l’art de l’imprimerie.

 

2 volumes in-12 de XXII, 323, (5) pp. – (1) f., XLIV pp., (1) f., 306 pp., maroquin rouge, filets gras et maigres en encadrement sur les plats, dos lisses ornés et dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin vert, coupes et bordures décorées, gardes de tabis bleu, tranches dorées (reliures de l’époque).

 

Paris, imprimé par l’auteur & se vend chez Barbou, 1764-1766              9 000 €

 

 

Première et unique édition.

Ecrit majeur et « testamentaire » de celui qui joua un rôle prépondérant dans la rénovation de la typographie française du XVIIIe siècle.

L’ouvrage est orné de deux frontispices gravés sur cuivre par Fessard d’après De Sève pour l’un et Gravelot pour l’autre.

Le premier volume comporte 16 planches hors texte gravées sur cuivre et repliées à la fin. Le second est illustré de 250 pages de spécimens, 101 alphabets anciens et modernes (hébreux, syriaques, arabes, coptes, arméniens, éthiopiens, romains ou grecs) et près de 400 modèles de vignettes qui ont tant contribué à la réputation de ses impressions.

 

Une des plus belles réussites typographique du XVIIIe siècle.

Pierre-Simon Fournier (1712-1768), dit Fournier le Jeune, était le fils du directeur de la fonderie des Le Bé, reprise après sa mort par son fils Jean-Pierre. Pierre-Simon fit son apprentissage chez son frère et s’établit dès 1736 à l’âge de 24 ans.

 

« Il consacra, dit Brun, trente ans de sa carrière à créer un matériel typographique d’une diversité extrême, qui n’avait pas son égal en Europe. » Le mérite en est d’autant plus grand que, jusqu’en 1740 environ, les imprimeurs vivent sur l’acquis du siècle précédent : c’est à Pierre-Simon Fournier qu’il appartint de rénover l’art typographique. Ses romains, ses italiques, ses notes de musique et de plain-chant étaient réputés – on en trouve les spécimens dans son Manuel. On lui doit aussi des inventions comme celle du prototype, ce précieux outil qui permet le réglage précis de la force de corps d’un caractère, ou celle du point Fournier, mesure typographique que perfectionneront les Didot.

 

Ce maître-livre ne parut pas sans difficultés. En effet, rappelle Albert Flocon, « Fournier ne put obtenir l’autorisation de la communauté des libraires d’imprimer lui-même, sous prétexte qu’il n’avait pas appris le métier selon les règles, bien qu’il le sût mieux que quiconque à Paris. C’est grâce à la complaisance du grand libraire Barbou que les deux tomes de son Manuel virent le jour » (L’Univers du livre, p. 595).

 

Magnifique exemplaire en maroquin du temps.

 

Henri-Jean Martin, les Styles typographiques, in Histoire de l’édition française, II, 126 : « Il est donc le père de ce qu’on pourrait appeler la page Louis XV et d’un style qu’on pourrait qualifier sans trop d’exagération de rococo livresque. » – Rahir, Bibliothèque de l’amateur, 431.