CHAMPIER, Symphorien. Les Grans croniques […] des ducz et princes des pays de Savoye et Piemont

CHAMPIER, Symphorien. Les Grans croniques des gestes […] des ducz et princes des pays de Savoye et Piemont. Et tant en la sincte terre de Iherusalem come es lieux de Sirie, Turquie, Egipte, Cypre, Italie, Suisse, Daulphine et autres plusieurs pays […].

 

In-folio (272 x 200 mm) de (10) ff. (dernier blanc, 132 ff., veau brun estampé à froid, plats ornés de filets gras et maigres encadrant de larges roulettes de pampres et feuillages, dos à 3 nerfs, traces de lacets (reliure de l’époque).

 

Paris, Jean de La Garde, 1516                   17 500 €

 

 

Edition originale.

Belle impression gothique sur 2 colonnes. Au titre, grand bois (155 x 155 mm) montrant deux anges soutenant les armes de Savoie. Au colophon, belle marque d’imprimeur de Jean de La Garde (qui fut le successeur de Vérard) et « dont toutes les impressions sont très recherchées » dit Guy Bechtel.

 

Splendide illustration : elle comprend 36 bois gravés :

3 grands à pleine page (2 représentent des scènes de batailles, l’autre la Cour du duc de Savoie), 8 moyens (dont une vue de Rhodes) et 25 plus petits (belle illustration d’un mariage au f. 27).

Egalement 5 planches de généalogie dont une dépliante (généalogie de Saint Louis).

 

Un roman de chevalerie bien plus qu’une chronique.

Ce livre, l’un des plus rares de Champier, semble, comme souvent chez lui, avoir deux sources : la première serait une Chronique de Savoie connue sous le nom de Chronique du comte Vert (voir : Molinier, Les Sources de l’histoire de France, n°  3516). L’autre source est l’imagination de Champier lui-même qui transforme ici ses Chroniques en roman de chevalerie.

Le lyonnais Symphorien Champier (1472-1540) fut à la fois chroniqueur, médecin, philosophe ainsi qu’un rude combattant (il fut fait chevalier sur le champ de bataille de Marignan). Son œuvre consiste le plus souvent à glorifier des combats merveilleux et largement imaginaires à l’exception d’une vie du chevalier Bayard, son cousin et illustre parent.

 

Bel exemplaire revêtu de sa première reliure parisienne estampée.

La reliure a été restaurée, angle du dernier feuillet réparé et doublé anciennement, petit défaut angulaire au f. a2.

 

Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 152. – Guy Bechtel, Catalogue des gothiques français, C-149. – Picot, Cat. Rothschild, n° 2355 (pour un exemplaire sur vélin). – Fairfax Murray, Early French Books, n°  84 : « Very rare ».