Guez de Balzac. Le Prince

BALZAC, Jean-Louis Guez de. Le Prince de Balzac reveu, corrigé, & augmenté de nouveau par l’Autheur.

 

In-12 de (8)  ff., 420  pp., maroquin rouge, triple filet doré d’encadrement sur les plats, fleurons aux angles, dos à nerfs orné de caissons de fleurons dorés, coupes et bordures décorées (reliure de l’époque).

 

Paris, Michel Bobin, 1660                           1 500 €

 

 

Première édition in-12 du fameux panégyrique à double-tranchant de Louis  XIII par Guez de Balzac.

Guez de Balzac, surnommé « l’ermite de la Charente », fut, durant la première moitié du XVIIe siècle, un modèle de prose élégante en réaction contre la rhétorique gréco-latine qui fleurissait alors. On a ainsi pu le qualifier de « Restaurateur de la langue française ».

 

Le Prince, contrairement à ce que peut faire penser son titre machiavélien, est un ouvrage sans doute unique en son genre.

Encore aujourd’hui, il n’y a pas consensus quant à son interprétation. Commande de Richelieu en personne, est-ce là un éloge décidément trop chargé d’emphase  ? Une farce audacieuse jouée au commanditaire dont le rôle politique considérable paraît réduit à rien par la figure imposante du souverain, élevé par Guez de Balzac au rang de roi-soleil avant la lettre  ? Ou même un authentique détournement de la commande initiale, véritable satire déguisée où l’hyperbole ne serait qu’une forme d’ironie  ?

 

On sait en tout cas que la Sorbonne, cela dès la deuxième édition, contraignit l’auteur à modifier son texte. Plus important, Roland Purnal –  collaborateur régulier de la N.R.F. proche de Jean Paulhan  – a souligné, au moment d’évoquer l’œuvre de Guez de Balzac, que c’est bel et bien « dans le Prince que l’on trouve les meilleures pages qu’il ait écrites. »

 

Très bel exemplaire en maroquin du temps.

 

Tchemerzine, Éditions originales et rares XVe-XVIIIe siècles, I, 358, b.